10 aout 1792

Carle, Tyler et Hus reprennent du service

Ode à mes amis états-uniens

La critique de l’impérialisme amène souvent à taper sur le dernier empire en date : les Etats-Unis d’Amérique.
C’est légitime, ce pays nous a exporté sa malbouffe, sa culture du show décérébré, ses valeurs d’automatisation, de consumérisme, de capitalisme carnassier… Ce pays nous a embrigadé dans une géopolitique d’affrontement permanent entre l’occident et le reste du monde. Et cerise sur le gâteau, nous les français, nous sommes régulièrement raillés, pour être soi-disant : sales, en dehors des réalités, fainéants, lâches, bref toutes les saloperies typiques du « french bashing ».

Pour autant, les Etats-Unis ne sont pas qu’un amoncellement de caractéristiques négatives. Ce pays est vivant, divers, il bouge, change. Peu importe ce qu’on pense du système électif, la montée de Sanders nous a montré qu’il n’y avait pas que des « cowboys » dans ce pays.
Il existe tout un tas de paramètres sur lesquels les états-uniens méritent d’être respecté voire même imité. On peut par exemple avoir un immense respect pour leur rapport à l’information. Chez eux, la liberté d’information/expression n’est pas encore un vain concept. Des émissions mainstreams, très populaires, comme le « Daily show » ou le « Colbert report », peuvent produire une critique acerbe sans être inquiété. Leurs séries et leurs films, critiquent parfois allègrement le pouvoir en place, le modèle économique, les constructions sociales arbitraires. Parfois, des productions intellectuelles « grand public », appellent de manière plus ou moins voilée à faire la révolution (Buffy, Jericho, Last resort, etc.).

La France et l’Europe n’ont pas de grand « lanceur d’alerte », ancien salarié évoluant  dans les arcanes du pouvoir, du genre de Snowden, qui a pris le risque de briser sa carrière en exposant des faits au grand jour. Pas d’Erin Brockovich dans le pays des “droits de l’homme”.
La France ne produit pas de séries accessibles et attrayantes qui dénoncent les vicissitudes du pouvoir, des grandes compagnies françaises et j’en passe. Pas de séries/films populaires avec des militaires ou des flics qui désobéissent dans l’intérêt du peuple. Pas de séries/films populaires sur l’Indochine et l’Algérie qui dénoncent notre passé colonial. Pas de grandes épopées populaires où une femme sauve le monde de l’apocalypse. Pas de série/film historique sérieuse sur Robespierre, Jeanne d’Arc, Surcouf, Aliénor d’Aquitaine…  Rien sur les Jacqueries, sur les cathares… Quand on voit les polémiques parfaitement illégitimes soulevées par le film « indigène », on comprend bien la crispation mécanique, l’allergie à l’autocritique qui sévit en haut lieu.
Notre système culturel et notre système d’information sont verrouillés. Tenu par des habitudes courtisanes et des pratiques clientélistes. Le CNC à cet égard, est un parfait exemple de ce qui se fait de pire dans la politique culturelle française.

Rajoutons que chez eux, les artistes ne sont pas poursuivis, pour des paroles de chansons, ou des spectacles…

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Cette entrée a été publiée le 9 juin 2016 par dans Culture, et est taguée , , .
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