10 aout 1792

Carle, Tyler et Hus reprennent du service

Nuits debout, vivre à genoux, hiboux, cailloux…

Les nuits debout marquent peut-être le commencement d’un grand mouvement révolutionnaire, qui n’aurait, pour une fois dans la période récente, pas un Sorros ou un quelconque appendice de la CIA, comme point d’origine. On peut se réjouir, qu’enfin, une part non-négligeable de la population comprend que son intérêt commun est de s’unir pour ne pas se faire tondre jusqu’à la moelle. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit…

On peut également apprécier que ce mouvement ne se limite pas à la contestation futile d’un épiphénomène, en l’occurrence, la loi força, présenté par une femme d’origine maghrébine qui, comme un Colin Powell à la française, sert à merveille la tant éprouvée stratégie occidentale du : « Planquez-vous derrière les bronzés ! ». Un simple mouvement anti-loi aurait eu les mêmes conséquences que les mouvements anti-CPE, porter un arriviste de l’UNEF (pléonasme) à la mairie de Paris, finir par un retrait et un ajournement de la tonte, pour un plus tard pas si lointain. Comme toutes personnes conscientes de la fraude capitaliste et plus généralement de la falsification permanente du réel arrivé à son paroxysme depuis l’ère des marchands (révolutions du XVIIe et XIXe siècles), je me réjouis du caractère de contestation et de proposition globale.

Néanmoins, je remarque ce qui m’apparaît comme des failles dans la stratégie. Les contestataires s’illustrent en contestant… Certains ont fait de cette tautologie un dogme, les féministes en mode « couronne d’épines », les anti-fa anti-tout, pour ne citer qu’eux, commencent déjà à s’emballer dans tous les sens, sans chercher véritablement à faire cause commune. Lorsque la France était occupée, par les alliées du grand capital avec la collaboration active de nos « chères élites », une poignée d’irréductibles gaulois avaient décidé de se battre pour bouter le Bosh hors de France. Parmi eux, des cathos, des cocos, des anars, des français « de souche », des métèques, tous s’étaient fixé un but, peu importe leurs querelles, celles-ci attendraient la libération de leur pays. Pragmatiquement, ils avaient compris que le rapport de force n’était pas à leur avantage s’ils se tiraient dans les pattes. Ils savaient également que pour prendre en main son avenir, il faut être aux commandes de son présent et ce dernier était pour le moment dans les mains de l’envahisseur. Il nous faut une large unification qui cherche véritablement à se défaire des fils de notre croix d’attelle, s’il doit y avoir mécontentement et rage, parfois bien légitime, celle-ci doit d’abord se tourner vers ceux qui tiennent le contrôle et tout indique que ceux-ci sont généralement, de très riches héritiers mâles, visages pâles, très liés à l’atlantisme et à la globalisation.

Les nuits debout proprement dites, ressemblent beaucoup à une réactualisation des « salons » précédents la fin de l’Ancien Régime, mêlées avec les mouvements des « indignés » et « occupy ». Cette forme semble tenir, mais pourquoi se limiter à celle-ci ? Si ce sont des salons dont il est question, les technologies actuelles permettent de mettre en réseaux des salons partout en France, à l’intérieur des maisons, des appartements, des grandes places. L’idée s’est de se réunir, discuter, ne plus contribuer à la prolifération du cancer néolibéral. Cela, nous pouvons le faire en organisant des réunions à domicile, en nous échangeant directement des biens et des services au moins durant le temps de lutte. En partageant des informations concrètes facilitant la sortie de ce système, en n’achetant plus chez des exploitants, en ne travaillant plus pour des esclavagistes, etc. Cette forme plus décentralisée, rendrait plus difficile la répression des Cerbères Républicains de Sécurités. Elle aurait également pour avantage de démocratiser des méthodes qui sont déjà expérimentées par divers groupes et associations alternatives, décroissantes et anarchistes.

Rappelons-nous également que nous ne sommes pas les seuls à contester, sur terre les révoltes civiles deviennent courantes, même dans l’occident, soi-disant faste et bien heureux. Les banlieues françaises s’enflammaient en 2005, mais les Londonienne ont fait de même en 2011. Indignés, Occupy, Nuits debout, il existe au moins dans le monde occidental, celui-là même qui a vu l’émergence des révolutions libérales, un potentiel pour une nouvelle révolution. Une génération a grandi en constatant que le rideau de fer possédait des propriétés quantiques et avait de fait, chuté des deux côtés. Le néolibéralisme de l’École de Chicago, dont la réalisation idéale, selon Milton Friedman lui-même, est un régime de type Pinochet, est l’horizon indépassable des psychopathes siégeant dans les conseils d’administration des grandes compagnies. Pour ceux-ci, et leurs cabots, « There is no alternative ». Nous qui sommes natifs des pays à l’origine de cette idéologie mortifère, nous qui avons à un certain degré, pour voisin les artisans de ce désastre, français, britanniques et états-uniens, nous sommes plus que quiconque en capacité de mettre un terme à l’expérience de ces Frankenstein. Il faut garder à l’esprit que lorsque le jour se lève chez nous, la nuit commence dans d’autres parties du globe…

Il ne faut pas négliger non plus, que des millions de migrants fuient la guerre, la destruction et la misère. Ces êtres courageux, qui ont vécu le pire, cherchent à construire un avenir meilleur. Comme les Francs et autres peuples germaniques qui ont revitalisé l’empire romain ou à l’autre bout de la corde temporelle, sapiens et sa fusion avec Néandertal. Gardons à l’esprit que la migration humaine est une force invariante, au cœur de l’évolution de notre espèce et de nos sociétés…

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Un commentaire sur “Nuits debout, vivre à genoux, hiboux, cailloux…

  1. rom
    18 avril 2016

    Tu suggères qu’on se tire à la fin, je prépare un baluchon pour respecter l’invariant, le plus tôt sera le mieux 😉

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Cette entrée a été publiée le 17 avril 2016 par dans Société, et est taguée , , , , , .
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