10 aout 1792

Carle, Tyler et Hus reprennent du service

Est-ce que l’Allemagne fait payer ceux qui lui ont résisté dans les années 40 ?

Lorsqu’on voit dans quel marasme est plongée la Grèce et que l’on sait que tout cela aurait pu être évité par un simple renflouement automatique de leur dette il y a quelques années, par l’actuel leadership européen, l’Allemagne, on se demande si cette dernière ne fait pas payer à la Grèce sa résistance héroïque durant la Seconde Guerre mondiale.

Rappelons quelques atrocités en cours dans le berceau de la culture occidentale : jeunes filles se prostituant pour le prix d’un sandwich, personnes qui s’inoculent des maladies graves pour avoir droit à des aides, projet de faire déclarer jusqu’aux bijoux et liquide en possession des personnes à leurs domiciles.
Pas folichon et encore, si on devait tout énumérer

J’imagine bien, que ce que je dis de l’Allemagne peut choquer. Comment un peuple moderne, bien intégrer dans le jeu mondial, membre de l’ONU et plus tellement va-t-en-guerre depuis ses déboires les deux dernières fois, pourrait conditionner sa politique en fonction d’événements si émotionnels et si loin dans le passé ?

D’abord, il faut extraire de sa tête, l’idée selon laquelle, les dirigeants politiques et autres sommités décisionnelles, agissent dans un espace stérilisé de tout affect. Les humains sont des mammifères, héritiers d’une longue chaîne évolutive, au cours de laquelle est apparu ce que nous appelons les « émotions ». Notre système cognitif raisonne à partir de ressentis, les travaux d’Antonio Damasio, le jeu de l’ultimatum, la sueur qui vient perler sur votre front en vous prévenant de ne pas aller plus loin. Tout cela et plus encore pointe cette réalité, nous ne sommes pas des machines froides, mais des machines chaudes et suintantes de pathos diverses. Président, ministre, actionnaire et homme de peu, c’est toujours la même chose.

Ensuite, il faut être cohérent, avec notre rapport à l’histoire et à la nation. Tous les pays de ce monde se réfèrent à des drapeaux anachroniques, des figures historiques venues d’époque où tout était complètement différent, jusqu’à la langue utilisée. Mais nous continuons joyeusement à traiter ces personnes comme faisant partie d’un tout. Vercingétorix, Jeanne d’Arc, De Gaulle, même combat… Ce genre d’ineptie se trouve dans toutes les cultures, y compris la culture allemande, citons le personnage d’Arminius, pourfendeur des 17e, 18e et 19e légion de Rome. Mais alors, si les jeunes têtes blondes apprennent une histoire unifiée de leur nation, si des commémorations et fêtes sont là pour nous maintenir dans une illusion d’un peuple avec une continuité, alors pourquoi il serait idiot d’imaginer que nos politiques sont aussi justifiées par cette histoire, même lointaine ?

Rappelons, qu’un des premiers actes historiques international de l’Allemagne réunifiée a été de reconnaître la Croatie et la Slovénie en 1991, encourageant par là même l’enchaînement causal qui mènera à la dissolution de la Yougoslavie. Vous savez cette Yougoslavie, terre des Slaves du sud, qui avait vaillamment résisté contre le Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, avec des personnages comme Draža Mihailović et Josip Broz Tito. Yougoslavie qui avait immobilisé plusieurs divisions allemandes sur son sol, qui auraient été si utiles sur le front de l’est.

Alors, peut-on imaginer que les Allemands, à qui l’on prête une mentalité froide rigide, presque « robotique » , soit en fait des monstres d’émotivités, prêt à se lancer dans des politiques dictées par une histoire vieille de 70 ans ? Encore une fois, c’est possible, de par la nature émotionnelle de nos décisions, de par l’ importance manifeste de l’histoire aux yeux de tous les peuples. Dans le même genre, je rappelle qu’Israël se justifie par une occupation vieille de plusieurs millénaires et pourtant leur politique est tout ce qu’il y a de plus actuel.

Par ailleurs, Guillaume Duval, dans son ouvrage : « Made in Germany : le modèle allemand au-delà des mythes» nous a révélé l’auto flagellation stérile que les Allemands se sont infligés avec les lois Hartz. Celles-ci n’étant manifestement pas à l’origine de la réussite économique allemande dans l’espace européen. S’il restait à évoquer un exemple où le peuple allemand a agi de manière irrationnelle… J’en ai bien un autre en 33, mais bon, point Godwin, tout ça…

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Cette entrée a été publiée le 4 décembre 2015 par dans Géopolitique, et est taguée , , , .
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