10 aout 1792

Carle, Tyler et Hus reprennent du service

Savoir accepter la fin d’une histoire

Bientôt, on aura droit à une autre caricature de processus démocratique, avec les élections régionales. Forcément, le parti honni, mais évoqué et invité en permanence, le Front national, sera présenté comme en tête des sondages. Là, le vaisseau-amiral « Union national », sera à nouveau chevauché par les incapables à la tête des institutions. Comme ça, Jean Martin et Marie Bernard se rueront pour faire barrage à l’engeance du cyclope…

Cet enchaînement vain et pathétique va continuer, encore et encore. Au final, peu importe qui remporte les élections, la véritable puissance en coulisse se moque d’être suppléés par flamby premier, court sur patte ou papa m’a dit. Le véritable enjeu reste ailleurs.

Dans un pays qui compte autant de division, aussi peu de vision, le véritable enjeu est de savoir si nous faisons encore corps, ou plus simplement, est ce qu’à la manière d’un couple marié sans consentement, prenant subitement conscience de cette aliénation, ne devons-nous pas entamer le processus de divorce qui s’impose ?

la République française peut être facilement identifiée, par ses frontières, ses institutions. Mais qu’en est-il du peuple français ? Sans nous voiler la face, en regardant bien en nous et autour de nous, pour combien de personnes serions-nous prêts à mourir ?

J’entends bien, nous parlons la même langue, nous sommes nés dans le même pays, la république, la laïcité et patati et patata… Mais nous n’avons jamais été aussi séparés, le socle moral s’apparente plus à la dérive des continents. Certains, s’imaginent que les enjeux majeurs de notre pays, c’est l’héritage catholique de la France, la blancheur de sa population, le fait de consommer abondamment du porc sous toutes ses formes. Ils font de ces points, des ancres absolues de l’identité française.

D’autres, estiment que la France se doit d’être un phare de la civilisation occidentale, une vitrine prétentieuse de donneurs de leçons, bombardant tous les salopards désignés par l’Oracle OTAN. Tout ça bien sûr, pour leur faire connaître les joies infinies du libéralisme et de l’oligarchie représentative. Parce que rappelons le, selon les adeptes de cette voie, il existe trois camps, les bons tous américains et affiliés, les méchants, souvent russes, chinois et arabisants et enfin les macaques, tous les autres.

Troisième groupe identifiable en France, les parias. Ceux qui dégustent de la grenade militaire, qui sont aveuglés à vie par des tireurs de flashball, immunisés contre le système judiciaire. Dans ce groupe on trouve ceux qui critiquent, tout simplement, « l’ordre des choses », parce qu’ils constatent à quel point cette fausse assertion est mortifère. Je parle ici, de celles et ceux qui ont compris la composante nihiliste de l’existence, le fait que personne n’a véritablement accès au sens absolu des choses et qu’en tant qu’être humain, nous sommes condamnés, dans une certaine mesure, à créer le réel, pas à s’y soumettre. Encore moins quand ce réel n’est que le dernier roman cosmogonique à la mode.

Il existe une multitude de groupes actuellement présents en France, des individus qui s’agglutinent autour de critères variés, certains diront que ces variations ne comptent pas, que comme du temps du CNR, il faut faire corps vers une cause commune. Mais ces résistants partageaient une armature assez solide pour mettre de côté leurs différents.

Faisant écho à la diversité biologique, la diversité psychologique fait de nous des personnes dissemblables. On peut et on doit s’accommoder de quelques différences, lorsque ce ne sont que des variabilités d’ordre esthétique, c’est surmontable. Néanmoins, nos aspirations et nos modes de vie peuvent s’éloigner au point qu’ils titillent notre tolérance. Passé un certain cap, la tolérance se transforme en détestation et en haine, c’est humain.
Les plus fervents athées vont haïr l’idée même de croire en un être suprême, certains militants égalitaristes vont vomir la liberté pour un individu, d’accumuler 1000 fois la richesse de son concitoyen moyen. La fonction principale supposée de mère au foyer pour les femmes, la nature foncièrement raciale de la personnalité d’un individu ou d’un peuple, le caractère rationnel ou religieux du capitalisme et de la « démocratie représentative »… Je pourrais énumérer pendant des lignes, tous les sujets de discorde. Comme autant de segments, où les extrémités paraissent insupportables aux uns et souhaitables aux autres.

Alors, n’est-il pas temps de se demander si la France existe encore ? Si son peuple est vraiment uni ? Si finalement, il ne serait pas temps de divorcer à l’amiable.

Des mouvements d’exode, semblables à ceux qui ont accompagné l’industrialisation et les transformations économiques, pourraient être ici due à des causes plus culturelles. L’Écosse à tenté de réamorcer un destin singulier, la Catalogne emprunte cette voie. Derrière ces mouvements, se cache en partie une réalité plus profonde, nos états ne sont que des empires, qui prétendent être la résultante de la volonté des peuples. Alors que dans les faits, ce ne sont que les produits de monarques boulimiques, qui ont laminé la diversité des peuples qui composaient leur royaume, pour établir fermement leur autorité. L’oligarchie marchande qui a pris la place de toutes ces têtes couronnées, a hérité des appétits d’unification de ses prédécesseurs et poursuivis allégrement l’œuvre de destruction des langues, des cultures, des alternatives.

Plus que jamais, il est temps d’identifier ses propres traits, ses valeurs et ses aspirations et de partir à la recherche de sa terre promise. Non pas pour la voler à un peuple qui y vit paisiblement, mais pour enfin faire corps avec un lieu et y trouver son propre peuple et son avenir.

La technologie offre la possibilité aux humains de renouer avec des échelles où l’individu n’est pas dissout et où le groupe prend tout son sens. Les diverses applications de l’informatique, les splendides gains de productivité, toutes ses acquisitions peuvent servir à faire fonctionner des petites entités réactives et véritablement efficaces.

La fresque historique est jalonnée d’empires qui s’effondrent, laissant place à une myriade de petites entités. Notre histoire officielle s’est efforcée de faire de ces moments des catastrophes, comme les mal nommées « invasions barbares » qui font écho dans la tête des plus simplets de nos contemporains. Mais ces moments de destruction engendrent le renouveau, permettent à des institutions flasques et sclérosées d’enfin mourir et laisser la place à autre chose.

la République française fait partie de ces zombies qui s’ignorent. Ils errent, pourrissant, les miroirs ne cessent de leur renvoyer leur image sordide et pathétique, mais ils s’entêtent à demeurer. Nous sommes les vermines attachées à cette embarcation macabre. Si certains souhaitent tant que ça continuer sur ce radeau de la méduse, grand bien leur fasse, qu’ils continuent à voter, produire, avaler, se rendre complice de toutes les atrocités, pour réalimenter sans cesse cette parodie, cet ersatz de société.

D’autres souhaitent simplement trouver un milieu plus hospitalier.

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Cette entrée a été publiée le 23 novembre 2015 par dans Société, et est taguée , , , .
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