10 aout 1792

Carle, Tyler et Hus reprennent du service

Comment les bourgeois ont transformé la radicalité en totalitarisme ?

Avez-vous remarqué qu’à chaque fois qu’une personne se présente comme radical, elle est accusée, plus ou moins subtilement, d’être le rejeton caché de Staline ?

Dernier exemple en date, l’ami Besancenot, à l’émission de Ruquier, la pique venait du benêt professionnel Patrick Timsit. Sans vraiment qu’on sache de quel recoin venteux de son crâne cela lui est venu, il a reproché à Besancenot, l’hypothétique incapacité à écouter des opinions qui viendraient d’ailleurs…

On aurait pu faire remarquer au comique malgré lui, que ce genre d’accusation n’était que rarement faite à l’égard de ceux qui, en 2005, ont factuellement pas écouté le peuple français. Ceux-là même qui en 2014, ont décidé de ne pas écouter le jeune Remi Fraisse, étudiant en BTS environnement de 21 ans, et qui l’ont « grenadé » comme un envahisseur allemand dans une tranchée de Verdun…

Non, la surdité de l’État français et de ses milices, la surdité du haut patronat français à la détresse qu’il provoque chaque jour, la surdité de ce système à la destruction de son habitat, non ça pour Patrick c’est définitivement pas du même calibre, que la surdité hypothétique d’un postier, qui n’a jamais eu une once de pouvoir politique, pouvant nous indiquer, si oui ou non, il fut apte à l’écoute…

Mais le procédé n’est pas nouveau.

En fait, tendez bien l’oreille, quand vous écoutez un énième fan d’Hanna Arendt. Philosophe de comptoir académique ou pilier des shows TV qui se la pète, tous vous servent cette musique : « Avoir des convictions, désirer un changement, c’est être le petit fis de Staline ! ». Un doyen d’université avait quand même eu l’audace de comparer un mouvement de grève au sein de sa fac, au khmer rouge… Quel manque de culture, la vérité c’est qu’on a une population de soumis et de passif. Dans le temps, le peuple il fallait le mater, faire lever la troupe et tirer à boulet rouge pour le faire taire. Allez zieuter les révoltes paysannes anglaises du temps de Richard 2, les Hussites tchèques, les Jacqueries, les révolutions du XVIIIe et du XIX siècle… Maintenant, les gens c’est des veaux qu’on mène à l’abattoir. En désespoir de cause, devant le fait accompli certains beuglent un peu, des fois par inadvertance, en gigotant les sabots, ils déchirent une chemise du boucher qui vient les amener dans la machine à broyer. Mais en fin de compte, les autres attendent paisiblement leur tour.

Et pourquoi ?

Parce que l’école fait bien son travail, qui n’est pas d’apprendre à lire et à écrire, ni d’apprendre à apprendre, ça l’école s’en fou. Non, à l’école, d’Adolphe le Versaillais et de toute sa clique, on imprime profondément en vous, l’esprit de soumission à l’ordre établi. Venir à l’heure, faire ses devoirs, régurgiter la doxa. Tout un programme, qui vous poursuivra jusqu’à la tombe.

La comptine scolaire, continue dans les médias, si peu critique à l’égard de l’ordre établi et de fil en aiguille, on se surprend à la fredonner en allant au travail, au supermarché ou au bureau de vote.

Alors bien sur Besancenot, Asselineau, Jolie, Chouart, Friot, Sapir, Lordon et j’en passe, tous ceux et celles qui, impliqués politiquement, ont un léger discours dissonant, ceux-là sont des fous sanguinaires, des khmers rouges, des nazis et plus amusant parfois, des bisounours. Attendez quand on a une masse aussi crédule en face de soi, on peut se permettre de se taper ce genre de délire, non ?

Mais en définitive, les contestataires sont tous des déséquilibrés, car comme tout le monde peut le constater, tout va bien dans le meilleur des mondes…

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Un commentaire sur “Comment les bourgeois ont transformé la radicalité en totalitarisme ?

  1. r.muzy
    26 octobre 2015

    Ca devient chaud quand même, vraiment chaud dans tous les sens du terme : chaud à supporter leur micmac, chaud à supporter d’être une déjection, chaud pour leurs tronches (on va bien y venir quand même, merde quand même), chaud pour la paix sociale, etc. Et l’école putain, quelle belle institution n’est-ce pas Najat ? J’crois qu’aujourd’hui si j’étais prof d’histoire-géo je ne voudrais plus exercer. Déjà que…

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Cette entrée a été publiée le 25 octobre 2015 par dans Politique, et est taguée , , , .
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