10 aout 1792

Carle, Tyler et Hus reprennent du service

L’occident aime les méchants.

Ah les méchants, il y en a toujours dans les produits culturels populaires en occident. Dans les jeux, vidéos, les films, les séries, il y a toujours des personnages, patibulaires, psychopathes, agressifs, etc.

Le ou les méchant(s) est(sont) bien souvent caricaturale(aux) et curieusement proche d’un individu ou d’une population existant(e) dans la réalité. Mais si, rappelez-vous, les méchants russes dans les films américains des années « guerre froide » ou encore les gangsters latino-américains ou encore les méchants terroristes arabes.

Dans les films, on se rappellera tous des blocks busters américains des années 80/90. La série des Die Hard, met en scène un héros d’apparence populaire, bref un héro comme nous, qui se retrouve dans des situations de survies extrêmes jalonnées de cadavres de petits méchants et se ponctuant par le meurtre d’un Big Boss à l’accent russe, ou latino… On retrouvera ce même schéma, en moins bien exécuté, il convient de le dire, pour les films du « flic de Beverly Hills », « 48h » ou encore « L’arme fatale ». Même des films plus léger comme les « retours vers le futur », verront apparaître le modèle du « niveau »>Boss finale, ici l’inoubliable Biff Tannen. Dans « Independance Day », monument de propagande américaine, c’est les États-Unis et sont peuple vaillant qui vont les premiers stopper les méchants aliens et par la même, donner au monde la solution pour se défendre. J’aurais pu citer, les « Terminators », les « aliens », etc. etc.

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Biff Tannen, The méchant de la série des « Retours vers le futur ».

Les séries et autres japanimations, sont également forger avec cette idée de gros méchants à abattre ou à défaut neutraliser en fin de niveau, ici épisodes. On peut citer l’inénarrable Columbo, qui même s’il évolue dans un contexte d’enquête plutôt pépère, finis toujours par attraper le « méchant » à la fin d’un épisode/niveau. Mais c’est encore dans les années 80, qu’on va voir se renforcer ce concept dans les séries américaines. Les Knight Rider (K2000) et autres séries de science-fiction, vont voir des gentils baroudeurs, alliée du secteur privé et de la haute technologie, qui vont redresser les tords à chaque épisode, en neutralisant le méchant de la localité. Dans la série Highlander, on arrivera quasiment à une décapitation de méchant par épisode, ce qui entre parenthèses, amène à penser qu’il y a des milliers d’immortels sur terre, un peu en contradiction avec l’histoire de départ tout ça, mais bon… Dans les productions japonaises, culture hautement influencée par l’occident via l’invasion américaine, cette idée de niveau/boss va pulluler. Dragon Ball, Saint Seya (les chevaliers du zodiaque) et même l’excellent Evangelion, vont en être de parfaite vitrine. Dans Evangelion, les Boss, ici anges, seront même des envoyés de Dieu, venu forcer les hommes à apprendre via l’adversité, certaines leçons. Les anges, créatures surnaturelles surpuissantes, venant en apparence détruire l’humanité, ne pouvant être vaincu que si les hommes comprennent comment s’allier face au danger (travailler en groupe, accepté le changement, être ingénieux, etc.)

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Les premiers « anges » que doivent affronter les héros d’Evangelion. Excellente série, à conseiller à ceux qui s’intéresse à l’époque où le Japon ne tournait pas encore en rond, au niveau culturel.

Dans certains jeux vidéos, divisés par niveau, on trouve également des « BOSS » gros méchants de fin de niveau, qu’il faut aplatir pour passer au niveau suivant. Des générations entières de jeunes hommes, première cible commerciale des jeux vidéos ont donc imprimer durablement la notion qu’évoluer, c’est parcourir des étapes clairement identifiés, des levels de jeux. Puis, ponctuant ce level, un gros méchant pas beau, quelque fois étrangement plus grand que les autres personnages comme dans le jeu d’action « Street of rage » (Bare knuckle dans sa VO), devra être maraver dans les règles, donnant au joueur l’impression qu’il vient de gravir une montagne et le confortant dans l’idée qu’il a bien fait de casser la tronche de ce(tte) gros(se) salopard(e). On trouvera un bel aboutissement de cette logique avec le jeu « Shadow of colossus », mais j’aurais pu évoquer « Metal Gear Solid », « Devil may Cry », « Tomb Raider » etc.

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Street of Rage, ici le second épisode, avec ses big boss de fin de niveau. Souvent, des sales trognes ceux-là.

Nous évoluons dans un monde où les fantasmes et autres créations de l’imaginaire, finissent par constituer notre environnement. Nous nous construisons donc à partir de ces fantasmes et aujourd’hui qui peut affirmer avec certitude qu’il n’a pas été influencé profondément par les jeux vidéos, les films, les séries, les livres.

C’est peut-être dans le cadre de cette pratique, que nous cherchons aujourd’hui à faire de Poutine, des Chinois et des musulmans des méchants… Et que nous n’envisageons avec eux qu’un conflit, sous une forme ou une autre, qui finira par nous cassant la tronche du salop d’en face et qui a l’outrecuidance de faire partie d’un monde où c’est l’occident qui commande… A moins que cela soit la conséquence de quelque chose de plus profond et que nos produits culturelles ne font qu’émaner de représentation plus anciennes.

Il y a des siècles déjà, les dirigeants de différents empires ont fait émerger la figure de la menace extérieure ou intérieure, pour fédérer un peuple diversifié en fait et faire oublier une politique désastreuse. Les croisades, contre les opposants internes puis mahométans ou encore les guerres justes qui consisteraient à exporter la révolution, la démocratie ou encore les droits de l’homme.

Méfions-nous de ceux qui aujourd’hui exploitent, sans doute en grande part à leur insu, ces malheureux réflexes du méchant vs gentil ou vivre, c’est survivre violemment et terrasser un gros méchant en fin de niveau. La vie n’est ni une série, un roman, un film ou un jeu vidéo, les conséquences d’une pensée tournée en permanence vers les conflits ont, dans le monde réel, des conséquences toujours funestes.

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Cette entrée a été publiée le 4 mars 2015 par dans Société, et est taguée , , , , .
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